Benoît Hamon animait le point presse du Parti socialiste le 1er février. Il revient sur la passe d’arme entre Brice Hortefeux et Michèle Alliot Marie, sur la radicalisation du discours sécuritaire en période électorale, sur les 35 h, sur le mal logement et enfin sur l’emploi chez Total...
Monsieur Lefebvre dans son point de presse à l’UMP a rappelé à l’ordre Michèle Alliot-Marie. Elle a considéré comme tout Français de bon sens que ce n’était pas au ministre de l’Intérieur de dire s’il fallait ou non une loi pour justifier le moindre fait divers. Plus de 17 lois ont été passées depuis 2002 dans le domaine de la sécurité avec une logique de dissuasion qui consiste à alourdir les peines. On voit bien que cela ne fonctionne pas. Cette politique échoue. Ce raisonnement poussé à bout, aboutirait au rétablissement de la peine de mort, conséquence directe de ceux qui soutiennent cette logique de dissuasion.
Rappelons que déjà dans le code pénal (article 221-1) il y a déjà la possibilité de condamner à perpétuité tout homicide contre une personne vulnérable, quand la peine maximale est de 30 ans. Cette disposition existe déjà, mais il y a la volonté de faire avant tout de la surenchère à partir d’un fait divers, dramatique. Nous tenons à exprimer toute notre émotion à la famille des victimes. Mais la stratégie qui consiste à exploiter l’émotion comme moyen de durcir le ton, dénote une situation d’échec d’un gouvernement démissionnaire. C’est l’analyse que nous faisons des choix politiques du gouvernement en matière de lutte contre l’insécurité. La réaction des syndicats de la magistrature comme celle des syndicats de Police par rapport aux exigences du gouvernement qui ne mettent en avant que la performance et la politique du chiffre, voire les critiques émanant des professionnels eux-mêmes, prouve que le gouvernement est en échec sur sa politique de sécurité. En dépit des moulinets du ministre de l’Intérieur, on observe sur ce sujet aussi que la droite se déchire.
Michèle Alliot-Marie est venue immédiatement critiquer Brice Hortefeux, alors qui a raison ?
Il est temps que le gouvernement clarifie ses positions.
En période d’élection, l’objectif du gouvernement est en fin de compte de radicaliser son discours pour agréger les voix du Front national et de le faire sur tous les thèmes qu’il considère fécond pour aimanter ce vote, l’identité nationale, l’immigration, le rejet de l’Islam, ou l’insécurité. Sur tous ces sujets, le gouvernement emploie toute son énergie pour faire diversion plutôt que de parler des problèmes de santé, d’emploi, de logement ou de transport. Bien que Nicolas Sarkozy ait fait du thème de l’insécurité son totem, le pays est-il plus violent depuis qu’il est au pouvoir ? La réponse est oui et cela tient à la politique du gouvernement dans ce domaine qui a supprimé la police de proximité.
C’est aujourd’hui 1er février, la date anniversaire de cette loi. Beaucoup en profitent et comme le rappelle une note de l’INSEE personne ne veut s’en séparer. C’est le meilleur démenti à toute la propagande de Nicolas Sarkozy sur la prétendue responsabilité des 35 heures dans la faible compétitivité de nos entreprises et dans la croissance en berne de la France. J’observe que pendant leur mise en place, la France créait des emplois, les comptes de la Sécurité sociale étaient à l’équilibre. Or depuis que l’on aggrave la flexibilité du travail, et qu’on défiscalise les heures supplémentaires, tout va moins bien, aussi bien pour ceux qui sont en situation de travail que pour ceux qui en sont exclus. Contrairement à ce que veut faire croire Nicolas Sarkozy les 35 heures ont été facteur de progrès et non de régression sociale. C’est plutôt sa politique qui est la pire des régressions pour notre pays.
Un rapport important est rendu public aujourd’hui avec des préconisations importantes dans ce domaine. Le Parti socialiste a déjà exprimé sa volonté de multiplier par 5 les pénalités à l’encontre des villes qui ne respecteraient pas leurs engagements et se soustraient à leurs obligations en matière de mixité sociale.
J’ai souri, peut-être n’aurais-je pas dû, car le sujet est grave, en entendant que Monsieur Estrosi voulait s’attaquer à Total. Les salariés de la raffinerie des Flandres sont inquiets. C’est le énième moulinet de Christian Estrosi sur un sujet sur lequel il a complètement échoué, car les délocalisations se poursuivent en dépit du fait que les entreprises ont anticipé la disparition de la taxe professionnelle. Sa suppression devait empêcher les délocalisations, mais hélas, on voit que cela ne change rien. C’est un sujet grave sur lequel le gouvernement est en échec.